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L’Abes : zone à risques ?

Depuis deux ans, l’Abes traverse une période de graves turbulences.

L’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (Abes) est implantée à Montpellier. Elle est un opérateur majeur de l’Information scientifique et technique (IST) en France, au service de l’ensemble du réseau des bibliothèques de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Parmi les missions qu’elle assure, on peut citer le Système universitaire de documentation (SUDOC), le portail des thèses françaises et l’achat de ressources documentaires numériques en licence nationale.

Pour faire face à ses missions et aux profondes évolutions du secteur, la direction actuelle a engagé l’agence dans une véritable mutation organisationnelle avec de forts impacts sur la structure de l’agence et les méthodes de travail. Toutes les précautions n’ont pas été prises pour amener ces changements. Le dialogue social, en particulier au Comité technique de proximité, est insuffisant pour assurer l’information des personnels et préparer les délibérations du Conseil d’administration, où siègent seulement 3 membres issus de l’Abes, les 9 autres étant des personnalités extérieures. La pression portée sur les personnels d’encadrement en a poussé plusieurs à abandonner leurs responsabilités. Des retards sont constatés pour des outils censés marquer la vie professionnelle des agents et celle de l’établissement :

  • absence de compte rendu d’entretien professionnel pour plusieurs collègues depuis 2014 ;
  • rapports d’activité de l’agence 2014 et 2015 en souffrance.

Enfin, des alertes de Risques psycho-sociaux (RPS) ont été lancées par le médecin de prévention dès juillet 2014, justifiant la conduite d’un audit RPS à l’agence. Les représentants des personnels ont pris la parole en CA, des motions ont été lues en CAP des corps de bibliothèques (la moitié environ des agents de l’Abes) pour alerter la profession. Mais à ce jour la situation de l’agence et de ses personnels ne s’est pas améliorée ; de nouvelles alertes RPS ont été lancées il y a quelques semaines.

Une délégation du SNPTES est donc allée rencontrer la direction et les personnels de l’agence le 16 février dernier.
La direction a pu répondre à l’ensemble des interrogations et des difficultés signalées à la délégation par les personnels. Pour sortir d’une situation de blocage, la délégation SNPTES a demandé à la direction de s’engager sur l’instauration d’un véritable dialogue avec les personnels :

  • finaliser les comptes rendus d’entretien professionnel manquants, comme le demande la réglementation ;
  • envoyer aux représentants dans les instances (CT, CA) des documents préparatoires, dans le délai réglementaire de 8 jours.

Les rapports d’activité de l’Abes sont également attendus pour prendre la mesure de l’activité et du fonctionnement de l’agence sur 2014 et 2015. Ce seront là les premiers pas d’une normalisation des rapports entre la direction et les personnels, qui permettront un positionnement clair de tous les acteurs avant d’affronter de nouvelles étapes.

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L’Abes : zone à risques ?
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L’attente des agents est forte pour retrouver des conditions de travail exemptes de risques psycho-sociaux. Ces collègues, au-delà de leurs cas individuels, sont également parties prenantes dans l’avenir de l’agence. Ils ont tous à cœur de voir pérenniser cet opérateur national de l’IST, porteur de solutions incontournables pour tous les établissements de l’ESR, et moteur d’évolutions ambitieuses pour l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique.

Le SNPTES est présent à leurs côtés pour faire appliquer la réglementation, et défendre leurs conditions de travail. Il demande que toutes les mesures soient prises sans nouveau délai pour faire cesser les cas de souffrance au travail, stabiliser l’organigramme, redonner à chacun toute sa place dans l’établissement, et sécuriser l’Abes vis-à-vis du réseau des bibliothèques et de ses partenaires et prestataires.


Emmanuel Maujean,
secrétaire technique national