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L’enseignement supérieur doit devenir une priorité pour le gouvernement !

Le changement de ton du nouveau premier ministre, Manuel Valls, lors du vote de confiance devant l’assemblée nationale, n’est que de pure forme et ne change rien sur le fond : la politique d’austérité va non seulement continuer mais s’amplifier avec la perspective des 50 milliards d’euros d’économies sur 3 ans dont 19 milliards pour l’État employeur, 10 milliards pour l’assurance maladie, 10 milliards pour les collectivités territoriales et 11 milliards qu’il reste à trouver !

L’avenir de la France passe par sa capacité à former sa jeunesse aux défis du XXIème siècle. Dans cette optique, le SNPTES voudrait rappeler quelques vérités au nouveau ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi qu’à sa secrétaire d’état en charge plus spécifiquement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La loi votée en 2013 par la majorité gouvernementale n’a pas répondu aux espoirs qu’avait pu susciter l’organisation des assises. En effet, ne pas vouloir revenir sur les effets néfastes de la loi LRU de 2007 et ne pas donner les moyens aux établissements pour y faire face, mène l’enseignement supérieur et la recherche droit dans le mur.

Il est pourtant possible de trouver des marges de manœuvre en réorientant les financements prévus pour le crédit impôt recherche. Cela permettrait notamment d’augmenter la masse salariale les plafonds d’emplois et de des établissements et de soutenir la recherche, en crise depuis l’apparition des financements sur projets type ANR ou initiative d’excellence.

Dans le cadre du plan quinquennal stratégique de recherche, le SNPTES demande que soit particulièrement pris en compte un nouveau mode de financement pérenne des équipes de recherche qui ne soit pas basé uniquement sur des critères de jugements technocratiques, peu en phase avec le monde de la recherche.

La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche votée en 2013 impose dorénavant trois possibilités de regroupement : la fusion d’établissements, la transformation du PRES en une communauté d’université et établissements, ou une association (dite confédération) entre universités.
La volonté actuelle de ne voir qu’une seule tête, en ne laissant que 2 options sur les 3 adoptées par le Parlement, ne peut qu’entraîner les établissements du supérieur dans le mur.
Le SNPTES demande de laisser les établissements s’organiser selon la loi, selon leurs volontés et de ne pas empêcher la constitution d’associations (conventions entre établissements) qui permettront certainement d’éviter une strate supplémentaire illisible.
La régionalisation de fait laisse entrevoir de grandes disparités en régions riches et pauvres. Ainsi, selon le principe des initiatives d’excellence d’arroser là où c’est mouillé, les investissements d’avenir, finalement non remis en cause par le gouvernement, aggravent les inégalités régionales. Les dérives liées à ce type de financement, comme le montre certains douloureux évènements (université de Versailles-Saint-Quentin par exemple) ne peuvent là aussi que déconsidérer l’enseignement supérieur et la recherche aux yeux de la population française et de la communauté scientifique internationale.
Le SNPTES demande donc un moratoire clair sur les investissements d’avenir et la suppression des partenariats public-privé du plan Campus.

Dans le cadre de cette loi, qui n’était pas de programmation, le SNPTES s’est battu pour exiger du ministère un protocole d’entrée en discussion sur un agenda social. En effet, les personnels sont les grands oubliés de ce début de septennat. Des directives claires doivent maintenant être données pour que cet accord, signé notamment par le SNPTES, puisse être mis en œuvre rapidement.

La réussite des étudiants, clé de voûte de notre système d’enseignement supérieur, ne peut pas s’observer qu’à travers le prisme de la réussite aux examens. L’accès pour tous, dans un continuum Bac-3/Bac+3, doit non seulement être encouragé mais aussi validé par une volonté politique claire et financée.
Hors, le SNPTES constate une augmentation croissante et latente des droits d’inscriptions pour des filières élitistes devenant socialement sélectives alors que les filières généralistes subissent de plein fouet la raréfaction des financements ! Le SNPTES réclame qu’une péréquation soit mise en place pour redonner un sens au mot « égalité » cher à notre constitution française.

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Communiqué SNPTES : L’enseignement supérieur doit devenir une priorité pour le gouvernement !

L’emploi scientifique, public et privé, débouché naturel pour les futurs diplômés est en baisse dans les deux secteurs et le niveau de précarité des jeunes chercheurs a atteint un degré intolérable. Le SNPTES demande qu’il soit l’objet d’un plan quinquennal très rapidement afin d’offrir des débouchés concret aux jeunes qui sortent de formations supérieures.

Le SNPTES demande à rencontrer rapidement le nouveau ministre pour lui exposer ses revendications.