Contenu

Le SNPTES appelle à faire barrage à Marine Le Pen et au Front National

Réaction du SNPTES suite au premier tour de l'élection présidentielle

Les électrices et les électeurs ont donc choisi, le deuxième tour de l’élection présidentielle opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen.
S’il respecte le choix démocratique du suffrage universel, le SNPTES ne peut rester silencieux face à une candidate dont les valeurs sont totalement contraires à celles de notre organisation syndicale.
C’est pourquoi le SNPTES appelle très clairement le 7 mai 2017, à faire barrage à Marine Le Pen et au Front National !
Cet appel ne vaut cependant pas approbation de l’ensemble du programme présidentiel d’Emmanuel Macron, loin s’en faut. Le SNPTES n’hésitera pas à utiliser tous les moyens d’action légaux en sa possession, pour le lui rappeler, si nécessaire.


JPEG - 18 ko
Laurent Diez - secrétaire général du SNPTES

Quand ce nouveau numéro de notre journal « Les Informations » sera paru, le premier tour de l’élection présidentielle sera passé. Nous en saurons alors plus sur le profil du prochain président de la République. Il ne faut cependant pas oublier que cette campagne électorale ne fut pas d’un très haut niveau. Campagne commencée par des primaires qui auront mis rapidement en difficulté les vainqueurs, pour des raisons certes très différentes, affaires d’un côté, délitement d’un parti de l’autre, puis continuée par les affaires concernant deux candidats mis en examens au final, du jamais vu dans une campagne présidentielle, il a bien été difficile de se focaliser sur les programmes. Les débats télévisés, à 5 ou à 11, ne permettent pas de pouvoir y entrer sur le fond ou d’analyser finement les programmes des uns et des autres. Cependant, il y a tout de même des grandes lignes de force qu’il faut bien regarder à la loupe.

N’en déplaise aux déclinistes de tout poil, la France ne va pas moins bien qu’elle n’allait il y a 20, 30 ou 40 ans quand nous étions en pleine période de prospérité post guerre mondiale. Le niveau de vie s’est élevé, l’espérance de vie s’est grandement améliorée, la connaissance a progressé, l’accès aux études supérieures s’est démocratisé, la société s’est libéralisée, des droits nouveaux ont été reconnus. Certes, tout est loin d’être rose, il y a encore trop de chômage dans notre société, trop de personnes vivent en dessous des minimas sociaux, l’intégration des anciens migrants devenus français encore trop limitée, une classe dirigeante très éloignée des soucis de base de la majorité des Français et enfin une classe politique pas encore suffisamment vertueuse pour être un exemple pour l’ensemble de la population.

PDF - 4.2 Mo
Journal "les informations" n° 297
Version téléchargeable et imprimable

Quelles solutions pérennes pour y arriver ? Demain, pour exister dans un monde où la France seule ne pourra survivre, il faudra mettre l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche à la pointe de nos investissements. Il est prouvé que plus un pays voit son potentiel de connaissances augmenter, mieux il résiste aux différentes crises qui peuvent arriver, mieux il résiste à une compétition internationale qui est là et dont certains pays, notamment en Asie, en ont déjà compris l’importance. Alors oui, messieurs les candidats, nous ne vous avons pas beaucoup entendu sur ces enjeux cruciaux. Quel candidat propose un véritable plan de programmation budgétaire pour l’éducation nationale, pour l’enseignement supérieur et la recherche ? Aucun, nous avons beau chercher au milieu des 11 programmes… Alors oui, des propositions existent ici ou là pour donner des moyens humains supplémentaires à tel ou tel secteur. Mais cela reste encore bien timide. D’autant plus quand certains n’ont pas peur d’annoncer que le nombre de fonctionnaires baissera durant leur quinquennat s’ils sont élus, ajoutant même qu’aucun secteur ne saurait être sanctuarisé ! Et encore, un secteur sanctuarisé, c’est seulement une stagnation qui est proposée, et quand on n’avance pas, on recule… ce qui amènera notre pays à reculer encore davantage dans les classements internationaux et donc dans l’attractivité… Attractivité qui sera également remise en cause par un repliement sur soi proposé par certains, que ce soit par rapport à l’union européenne, ou par notre politique d’accueil d’étudiants étrangers, vitale pour notre renommée et notre niveau de recherche.

Oui cette élection doit être celle d’un sursaut, mais d’un sursaut qui doit voir notre jeunesse prendre pleinement place au cœur des projets. D’un sursaut qui s’accompagne de moyens pour que notre pays continue à occuper une place centrale sur l’échiquier mondial de la connaissance. Un sursaut qui signifie avoir une France ouverte sur le monde et non repliée sur elle-même, une France qui respecte ses valeurs d’égalité, de fraternité et de liberté.


Laurent Diez
Secrétaire général du SNPTES
Voir aussi :