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Le baccalauréat

Chaque année, à l’approche du baccalauréat, on s’interroge sur la nécessité de maintenir un examen couteux (1,5 milliards d’euros selon les estimations du SNPDEN en 2013, 55 millions d’euros selon le ministère) qui aurait perdu de sa valeur.

L’ambigüité de la France réside dans le fait que le baccalauréat sanctionne la fin des études secondaires tout en constituant le premier grade universitaire. La démocratisation de l’enseignement secondaire et la réussite de 88 % d’une classe d’âge au baccalauréat en 2015 ne signifient pas pour autant la démocratisation de la réussite scolaire (Antoine Prost). L’échec massif en licence montre tout l’enjeu pour la société française de mener à bien ces ambitions en matière de société apprenante.

La démocratisation de l’enseignement secondaire est due au développement du baccalauréat professionnel :

De 1980 à 2015, le nombre annuel de bacheliers a plus que doublé. En 2015, plus de 77,2 % des jeunes d’une génération obtiennent un baccalauréat (ils étaient seulement 25 % en 1980). Cette augmentation du nombre de bacheliers est due à la création du baccalauréat professionnel en 1988 puis à sa réforme en 2008. Ainsi, la répartition des bacheliers s’est fortement modifiée depuis 1995 ; la part des bacheliers professionnels atteignant 28 % en 2015.

En 2015 : 703 500 candidats dont : 49 % dans la voie générale ; 20 % dans la voie technologique ; 31 % dans la voie professionnelle.
617 900 lauréats => taux de réussite de 87,8 %

État de l’École 2015 et note d’information de la DEPP

Les échecs en licence :

Seuls 28 % des étudiants inscrits en licence en 2011-2014 réussissent leur licence en trois ans. Cette réussite est fortement conditionnée par le type de bac et le type de licence choisie. Le baccalauréat général offrant une meilleure réussite aux étudiants que le baccalauréat professionnel. Ainsi, sur 100 étudiants inscrits en L1, seuls 39 passent en L2 quelque soit le baccalauréat, mais 53 quand ils sont titulaires d’un bac S contre 6 quand ils sont titulaires d’un bac professionnel. On retrouve en licence la hiérarchie habituelle du système éducatif français : les élèves ayant un bac S ont une plus grande réussite alors que les bacheliers professionnels ont de grandes difficultés. Au sein des filières on observe également une sélectivité très différente : les filières SVT et AES étant les plus sélectives.

Note de le DEEP février 2016

Comment faire évoluer le baccalauréat pour répondre aux exigences des études supérieures tout en permettant la réussite du plus grand nombre ?

Baccalauréat modulaire : les élèves pourraient choisir les disciplines qu’ils préfèrent en fonction de leur choix d’orientation, le reste des disciplines relevant d’un contrôle continu.
AvantagesDangers
Plus grande motivation des élèves et meilleure implication dans leur projet d’orientation Un contrôle continu total peut présenter des risques : moindre équité de traitement des élèves, perte de valeur du diplôme.
Réduction du coût lié au baccalauréat (SNPDEN) Entrainerait certainement une sélection à l’entrée de l’université.
Séparer l’obtention du baccalauréat de l’entrée à l’université (Espagne)
Distinguer un bac général avec études longues et un bac avec études courtes (bac +2)
Retrouver la valeur de ce diplôme
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Rapport d’information (lien entre le lycée et l’enseignement supérieur)


Dans le cadre de la refondation de l’école et de l’objectif de créer «  une école plus inclusive pour la réussite de tous », l’orientation a un rôle majeur, en particulier pour aider à une meilleure préparation à l’enseignement supérieur.
Dans la circulaire de rentrée 2016, sont détaillées les mesures suivantes :

  • l’amélioration continue du portail de préinscription APB,
  • la mobilisation de tous les personnels dans le cadre de l’accompagnement personnalisé pour accompagner chaque élève dans son projet d’orientation,
  • les STS s’engagent à accueillir des lycéens de bac professionnel.

Une certitude est celle d’une nécessaire articulation entre le lycée et l’enseignement supérieur : continuum bac-3/bac+3.


Élise Marais
Chargée de mission Éducation nationale