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Le calendrier scolaire français

Quelques données comparatives :
Concernant le calendrier scolaire, les données de l’OCDE mettent en évidence le faible nombre de jours d’école par an en France dans le primaire et le premier cycle du secondaire. C’est le niveau le plus bas des pays de l’OCDE : 162 jours d’école par an contre 185 jours d’école par an en moyenne dans l’OCDE. (Ce chiffre a augmenté avec la réforme des rythmes scolaires. Avant 2014, il y avait 144 jours d’école par an).

Sur 5 ans (6 ans en moyenne pour l’OCDE) d’école élémentaire, les élèves français reçoivent 864 heures d’enseignement obligatoire par an (804 heures par an en moyenne dans l’OCDE), soit 4 614 heures au total (4 614 heures pour l’OCDE)

Sur 4 ans (3 ans en moyenne pour l’OCDE) de premier cycle de secondaire, les élèves français reçoivent 991 heures d’enseignement obligatoire par an (916 heures par an en moyenne dans l’OCDE), soit 3 964 heures au total (2 957 heures pour l’OCDE)
NB : une très grande majorité des pays de l’OCDE offre le même nombre de jours d’instructions aux élèves dans le primaire et dans le premier cycle du secondaire.

Les élèves français subissent donc un temps de cours très concentré par rapport à leurs voisins européens mais aussi par rapport à l’ensemble des pays de l’OCDE.

Source : Regards sur l’éducation 2015, OCDE.
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Le calendrier scolaire tel qu’on le connaît aujourd’hui est relativement récent.
Dans l’article 9 de la Loi n°89-486 du 10 juillet 1989 d’orientation sur l’éducation, est précisé que : « l’année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes. Un calendrier scolaire national est arrêté par le ministre de l’éducation nationale pour une période de trois années. Il peut être adapté, dans des conditions fixées par décret, pour tenir compte des situations locales  ».

L’histoire montre que les dates des vacances scolaires ont principalement été dictées par des raisons économiques :

  • Concernant les dates des vacances d’été, elles évoluent au gré de la transformation de la société française. Dès le début du XXème siècle, avec la démocratisation de l’école, les dates des vacances d’été prennent en compte les dates des récoltes (14 juillet au 1 octobre), les enfants et les adolescents aidant leurs parents dans les champs. À partir de 1959, les vacances d’été commencent le 1er juillet et dès 1983, la rentrée des classes a lieu début septembre. La durée des vacances d’été fait depuis longtemps débat. Vincent Peillon, en 2013, avait évoqué la possibilité de réduire de quinze jours les vacances d’été, provoquant une levée de boucliers. À titre de comparaison, la France se situe dans une situation intermédiaire parmi ses voisins européens entre l’Allemagne qui offre 7 semaines ou moins de vacances aux élèves, et le Portugal et l’Italie qui en accordent entre 12 et 13 semaines (cf. carte).
  • Concernant le découpage en zones, celui-ci a pour objectif de limiter les embouteillages sur la route des vacances et l’engorgement des stations de ski, mais aussi d’allonger la période de fréquentation des zones touristiques. La création des trois zones permet en effet des départs échelonnés en février et avril.

Le nouveau calendrier scolaire pour 2015-2018 :

  • nouveau zonage plus cohérent avec la réforme territoriale,
  • pont de l’ascension harmonisé et rattrapé fin du 3° trimestre,
  • dates des vacances d’hiver et de printemps avancées,
  • calendrier triennal avec rotation des zones (soumis à l’avis du CSE),
  • alternance de sept semaines de classe et deux semaines de repos jusqu’à Noël,
  • rentrée des élèves au plus tôt le 1/09 et des enseignants au plus tôt le 31/08 pour conserver la dernière semaine d’août de vacances.

Ce nouveau calendrier triennal tente de préserver une alternance entre sept semaines de travail et deux semaines de repos (sur ce point au moins les chronobiologistes sont relativement satisfaits). Mais, le dernier trimestre reste un problème non résolu pour deux principales raisons :

  • Dans le primaire, sa durée peut atteindre 12 semaines selon la zone du fait des vacances de printemps avancées pour répondre aux inquiétudes des professionnels de la montage.
  • Dans le secondaire, si la fin des cours est officiellement la même que dans le primaire, les élèves des classes qui n’ont ni le brevet, ni le baccalauréat se trouvent en « vacances » plus tôt du fait des conseils de classe fin mai, générant l’inquiétude des parents d’élèves. En 2009, une circulaire évoquait la « reconquête du mois de juin ». De leur côté, les enseignants sont pris pour la préparation et l’évaluation de nombreuses épreuves (options du baccalauréat, oraux de BTS, oraux de TPE en première …) dont les convocations sont obligatoires. Les heures de cours ne sont alors pas remplacées ou rattrapées. Ainsi, le baccalauréat conditionne le calendrier scolaire pratiquement dès le primaire.

F. Testu (chronobiologiste et président de l’observatoire des rythmes et des temps de vie de l’enfant et du jeune) propose sur ce point de dissocier le calendrier du lycée de celui du collège et du primaire pour permettre de consolider l’intérêt pédagogique du troisième trimestre. Concernant le troisième trimestre du collège et du primaire, il propose de le couper en deux parties (par une période de quinze jours de vacances) et de raccourcir d’une à deux semaines les vacances d’été (départ en vacances plus tard au mois de juillet). Cela permettrait de réduire la concentration des cours sur une année scolaire plus courte que celle d’autres systèmes éducatifs.

Quelques spécialistes dans ce domaine :

  • Hubert Montagné, spécialiste des rythmes bio-psychologiques de l’enfant, auteur de « On achève bien les écoliers » ;
  • Claire Leconte membre du comité d’évaluation et de suivie des rythmes scolaires fin 1995 ;
  • Francois Testu, chronobiologiste.

Voir aussi le rôle du comité national de suivi des rythmes scolaires présidé par Francoise Moulin-Civil (mis en place en avril 2013) pour accompagner l’application de la réforme des rythmes scolaires à l’école primaire.


Élise Marais
Chargée de mission Éducation nationale