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Le mot du secrétaire général, Laurent Diez

En cette rentrée scolaire et universitaire, le SNPTES ne peut rester insensible aux drames qui se jouent dans le sud de l’Europe, en Méditerranée, avec l’arrivée massive de demandeurs d’asile fuyant les guerres et les massacres dans leur pays. Il est grand temps que les pays européens s’emparent de ce problème avec humanité et compassion et prennent des initiatives fortes, rapidement. L’éducation nationale, l’enseignement et la recherche, mais aussi l’ensemble de leurs personnels, seront, comme toujours, face à de telles situations, à la hauteur des défis qu’elles engendrent.

Le reste peut paraître bien futile au regard de ce que peuvent vivre ces réfugiés, il n’en demeure pas moins que les nuages continuent à s’amonceler au-dessus de l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche.

Promesse électorale mise en œuvre en 2013, la création de postes dans l’éducation nationale comme dans l’enseignement supérieur mérite un véritable bilan sur la réalité de ces créations. Après une analyse fine, le SNPTES considère que le constat est plutôt mitigé.

La réforme du collège, initiée par la loi de refondation de l’école et prévue pour la rentrée 2016 est loin de faire l’unanimité. De plus, les programmes ne sont toujours pas validés. Pourtant, la situation d’échec de nombreux élèves, notamment ceux issus de milieux défavorisés, mérite autre chose qu’un statu quo. Le SNPTES sera attentif quant à l’application et aux conséquences de cette réforme.

La réforme territoriale, menée au pas de charge avec la fusion des régions, aura des conséquences non négligeables dans l’organisation des services académiques de notre ministère. Il semble, pour l’heure, qu’il n’y ait pas de fusion prévue entre rectorats dans les régions fusionnées, mais des mutualisations concernant, pour l’instant, l’encadrement.

Les nouvelles dépenses annoncées par le gouvernement (sécurité, création de postes dans l’armée et la police, soutien aux agriculteurs…), à budget constant, engendreront forcément des économies dans les autres ministères. L’éducation nationale et surtout l’enseignement supérieur et la recherche ne devraient pas y échapper. Malgré les déclarations optimistes du secrétaire d’État, il est toujours prévu une ponction sur les fonds de roulement des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, mais aussi sur les opérateurs nationaux de l’État, opération doublée par rapport à 2015 pour atteindre 200 millions d’euros. Comme l’an dernier, le SNPTES dénonce cette pratique qui amplifie la fragilité budgétaire des établissements, les condamnant ainsi à geler massivement des postes, à limiter leurs politiques en direction des personnels et à réduire leurs dépenses de formation et de recherche.

Le SNPTES exige que l’augmentation annuelle des inscriptions des étudiants soit prise en compte dans le prochain budget, sinon le nombre d’étudiants potentiels recalés risque bien d’exploser…
Tous les indicateurs laissent à penser que ce budget sera, en euros constants, une nouvelle fois en baisse.
Le SNPTES, une fois les grandes orientations budgétaires connues, n’hésitera pas, si nécessaire, à se mobiliser rapidement pour des actions collectives avec d’autres organisations syndicales.