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Le projet de loi de finances 2017 dans l’Éducation nationale : malgré la poursuite des créations de postes, des difficultés persistent

Dans le projet de loi de finances 2017 présenté mercredi 28 septembre, la mission enseignement scolaire est le premier poste budgétaire de l’État (13 % du budget total) pour un montant de 50,06 milliards d’euros. 90 % des crédits de ce poste sont alloués aux personnels, en particulier pour les créations de postes.

Le gouvernement poursuit les créations de postes afin d’atteindre les objectifs fixés par la loi de Refondation de l’École (60 000 postes sur le quinquennat). Dans le projet de loi de finances 2017, le ministère prévoit la création de 12 842 postes supplémentaires dans l’EN, l’ESR et l’enseignement agricole (dont 11 662 postes uniquement pour l’EN) pour l’année 2017. Sur ces 11 662 postes créés dans l’EN, 9 711 concernent des postes d’enseignants devant élèves, 600 des postes administratifs, d’éducation, d’encadrement et santé sociaux, et 1 351 des postes d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap).

Créations de postes 2012-2017Créations de postes 2017
EN 54 000 11 662
ESR 5 000 1 000
Ens agr 1 000 180

Sur le quinquennat, les créations de postes dans l’EN se répartissent de manière pratiquement équivalente entre le premier et le second degré (avec respectivement 47,1 % et 43,4 % du total des créations de postes).

Décomposition des postes dans l’EN selon le degré sur le quinquennat
Répartition des créations de postes enseignants2012-20172017
1° degré public 23 639 4 311
2° degré public 21 809 4 400
privé 4 753 1 000
TOTAL 50 201 9 711

Si le SNPTES se félicite de cette dynamique de créations de postes après la suppression de 80 000 postes d’enseignants pendant le quinquennat précédent, des difficultés persistent.

Dans le secondaire, certaines disciplines restent déficitaires. Ainsi le déficit de recrutement ne se comble pas en mathématiques, anglais et lettres modernes (trois principales disciplines de recrutement) : en 2015, 14 % des postes aux concours externes de mathématiques n’ont pas été pourvus [1].

Depuis 2012, les enseignants stagiaires représentent près d’une création de postes sur deux, les titulaires représentent quant à eux 38 % des postes créés. Or, les stagiaires ne sont qu’à mi-temps devant les élèves (le reste du temps ils suivent leur formation en ESPE). Ainsi, dans le primaire, il manque 7 978 postes de titulaires à créer pour atteindre l’objectif de 20 000 ETP.

Décomposition des créations de postes dans l’Éducation Nationale de 2012 à 2017 :
Répartition des postes crées de 2012 à 2017Nbre de postes sur le total crées dans l’EN
Ens stagiairaires 25 938 48 %
dont CPE Stagiaires 310
Ens titulaires 20 611 38 %
dont CPE titulaires 350
AESH 4 251 7,87 %
AED 2150 3,9 %
Perso médicaux sociaux 600 1,1 %
Perso administratifs et techniques 450 0,8 %

Sur cinq ans, moins de 1 % des créations de postes a été consacré aux personnels administratifs et techniques, soit 450 postes créés sur 5 ans. Ce rythme ne suffira pas à compenser les nombreuses suppressions antérieures de postes subies dans les établissements et services.

Concernant le dispositif « plus de maitres que de classes », 3 195 emplois ont été créés depuis la rentrée 2012, alors que 7 000 postes avaient été annoncés. Concernant la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, il concerne 231 ETP à la rentrée 2016 alors que 3 000 postes avaient été promis [2].

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Le projet de loi de finances 2017 dans l’Éducation nationale : malgré la poursuite des créations de postes, des difficultés persistent
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Au lycée, la rentrée s’avère difficile avec une augmentation des effectifs pour les années 2016 et 2017, et ceci pour deux raisons principales :

  • des générations plus nombreuses entrent au lycée,
  • avec le décret du 27/10/2015 [3] , les élèves de terminale ayant échoué leur baccalauréat auront désormais la possibilité de redoubler dans leur établissement d’origine. Cela représente 5 500 redoublants par an.
Augmentation des effectifs du 2nd degré public et privé
2015 + 39 500
2016 + 53 500
2017 + 58 000

Source : DEPP

Enfin, le lycée professionnel reste malheureusement le grand oublié de la refondation malgré les « 30 ans du bac pro » et les ambitions de revalorisation la filière professionnelle. Depuis 2012, le lycée professionnel a subi une perte de 3 340 Équivalent Temps Plein.

Le SNPTES demande donc que cette dynamique de créations de postes s’accentue en ciblant :

  • le primaire et les dispositifs permettant de réduire les inégalités scolaires (scolarisation de moins de 3 ans et plus de maitres que de classes),
  • le LGT pour faire face à l’augmentation démographique,
  • le lycée professionnel, avec une véritable prise en compte des difficultés propres à la voie professionnelle.

Élise Marais
Chargée de mission éducation nationale