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Rapport de la STRANES au Président de la République : les premières réactions du SNPTES

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Rapport StraNES


Le SNPTES a pris connaissance, avec grand intérêt, du rapport « Béjean-Monthubert » que la commission de la stratégie nationale de l’enseignement supérieur (STRANES) vient de remettre au Président de la République.

Si le SNPTES, sur la forme, regrette l’utilisation de certains vocables (apprenante, diplomation, inclusion, interaction transformatrice, etc.) qui risquent de susciter des interrogations chez des lecteurs extérieurs à l’université, il se satisfait de la présentation générale du rapport qui synthétise son travail en cinq axes stratégiques se déclinant en 40 propositions simples à appréhender.

Sur le fond, le SNPTES ne peut qu’approuver certaines propositions. Le rapport souligne ainsi le nécessaire « préalable », rappelé à maintes reprises par le SNPTES, d’augmenter de manière significative l’investissement national en matière d’enseignement supérieur et de recherche en le portant, à terme, à 2% du produit intérieur brut (PIB). Pour le SNPTES, c’est essentiellement par une telle mesure politique que la France pourra développer ou maintenir son rang dans l’économie
mondiale. Le SNPTES ne peut donc qu’approuver et revendiquer la préconisation qui consiste à exclure, des modes de calcul « européens » une part des investissements de l’enseignement supérieur du déficit public de l’État.

Le SNPTES, parmi ces quarante propositions, retient aussi la volonté de développer, de façon importante, le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur (post bac) en le portant, progressivement, à 60 % de diplômés de l’enseignement supérieur dans une classe d’âge. Cet objectif ambitieux pourrait se réaliser :

  • en augmentant le nombre de boursiers ;
  • en développant la formation tout au long de la vie ;
  • en soutenant l’internalisation de l’enseignement supérieur ;
  • en renforçant la formation par alternance ;
  • en augmentant le nombre de logement étudiant (à condition, pour le SNPTES, que ceux-ci soient gérés par les CROUS) ;
  • etc.

Le SNPTES ne peut qu’approuver les propositions du rapport relatives au crédit impôt recherche (CIR) et, en particulier, l’idée, déjà préconisée par le SNPTES, de conditionner celui-ci au recrutement, par les entreprises, de docteurs et de personnels de recherche. Il approuve aussi l’idée de créer des voies
d’accès réservées aux docteurs pour accéder à la fonction publique. Pour le SNPTES, cette dernière proposition doit s’accompagner par une amélioration significative des carrières tout comme celle des corps déjà recrutés au niveau doctorat (enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs de recherche
ITRF-ITA). Pour le SNPTES vouloir décerner 20 000 doctorats par an est un objectif ambitieux mais à condition d’offrir à ces docteurs de réelles perspectives de carrière dans les secteurs privés et publics.
Le SNPTES ne peut que se satisfaire de la volonté des rédacteurs de ce rapport qui réaffirment l’importance, dans l’enseignement supérieur « d’écouter et soutenir les femmes et les hommes qui y travaillent  » sans qu’il n’y soit fait de différences entre enseignants-chercheurs, enseignants et personnels BIATSS.

Le SNPTES, s’il remarque, avec intérêt, la préconisation qui conduirait à confier la coordination de l’enseignement supérieur et de la recherche au «  ministère qui en a la charge  », n’imagine cette réalisation qu’avec l’obtention de moyens adéquats, mais aussi, et c’est essentiel, avec une véritable transformation des comportements. Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour le SNPTES, doit, avant tout se réapproprier son rôle de tutelle !

Le SNPTES, s’il ne peut qu’approuver la proposition numéro cinq, « Faire des universités les laboratoires de la société de demain et des leviers de la construction du lien social », considère que cet objectif est particulièrement ambitieux lorsqu’il constate l’état actuel du lien social dans quelques établissements...

Le SNPTES redoute que l’une des propositions du rapport relative au « développement du service civique » ne soit dévoyée et n’est pour seul objectif de pourvoir ainsi, à moindre coût, des postes BIATSS.

Le SNPTES ne peut que se satisfaire de la proposition relative à la création de statuts de l’étudiant et, en particulier, de celui de l’étudiant salarié. Il approuve aussi la prudence des rédacteurs de ce rapport sur les questions et réserves relatives à la sélection post-bac et post licence et à l’augmentation des frais d’inscription.

Enfin, le SNPTES, même s’il se montre sur certains points réservé, constate que ce rapport comporte aussi certaines préconisations qu’il a pu développer lors de son audition devant la commission de la stratégie nationale de l’enseignement supérieur (STRANES). Il se montrera attentif sur le devenir de ce rapport et, s’il y a lieu, lors des discussions annoncées, pour l’automne, par le Secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche.